SAO PAULO - Près de 300 employeurs du Brésil, le plus important pays d'Amérique du Sud, font travailler leurs ouvriers dans des conditions qui se rapprochent de l'esclavage, a rapporté, mardi, le ministère du Travail du pays.
En soumettant «une liste sale» des employeurs, le ministère a précisé que celle-ci comptait, en 2011, 52 compagnies délinquantes de plus, pour un total de 294 entreprises de toutes tailles.
L'organisation non-gouvernementale Reporter Brasil, qui surveille le travail abusif au Brésil et tente de le combattre, a loué le gouvernement pour les efforts accomplis tout en précisant qu'il restait encore beaucoup de travail à faire pour éradiquer cette pratique.
Les employeurs inscrits sur la «liste sale» n'obtiendront pas de crédit de la part du gouvernement ou des banques privées tant qu'ils n'auront pas amélioré les conditions des travailleurs.
Leurs produits seront boycottés par les compagnies qui ont signé le Pacte national pour l'éradication du travail esclave au Brésil, ce qui, selon les médias, représente 25 pour cent du produit intérieur brut.
La «liste sale» a été créée en 2005 et est mise à jour deux fois l'an. Pour être retiré de la liste, un employeur doit régler une série d'amendes et de taxes reliées au travail non rémunéré.
Les cas juridiques de conditions de travail se rapprochant de l'esclavage incluent les dossiers de personnes forcées de travailler pendant des longues heures allant jusqu'à l'épuisement, d'employés interdits de quitter leur travail en raison d'une dette à l'endroit de leur patron ou des salaires inférieurs au salaire minimum soit l'équivalent de 336 $ par mois.
Les employeurs abusifs se retrouvent surtout dans les secteurs des raffinerie de sucre, des ranchs, des supermarchés, des centres commerciaux et de la construction.
Entre 1995 et 2011, près de 41 500 travailleurs ont été affranchis de leurs conditions de misère a fait savoir le ministère du Travail.





















