Mis à jour le: 17 janvier 2013 09:38 | par Aomar Ouali et Paul Schemm, The Associated Press, thecanadianpress.com

Prise d'otages en Algérie: l'armée donne l'assaut

ALGER, Algérie - Les forces spéciales algériennes ont lancé jeudi une opération de secours dans un complexe de production de gaz naturel du Sahara où des extrémistes retenaient plusieurs étrangers en otages, mais le nombre de victimes reste incertain, variant de quatre à plusieurs dizaines, selon les sources.


Prise d'otages en Algérie: l'armée donne l'assaut

Kjetil Alsvik / La Presse Canadienne

ALGER, Algérie - Les forces spéciales algériennes ont lancé jeudi une opération de secours dans un complexe de production de gaz naturel du Sahara où des extrémistes retenaient plusieurs étrangers en otages, mais le nombre de victimes reste incertain, variant de quatre à plusieurs dizaines, selon les sources.

Des rebelles islamistes affirmant vouloir venger l'opération militaire française contre les jihadistes au Mali ont attaqué le complexe d'In Amenas mercredi, prenant en otages des dizaines d'employés étrangers qui s'y trouvaient.

La télévision publique algérienne a annoncé jeudi que quatre étrangers avaient été tués dans l'opération de libération, soit deux Britanniques et deux Philippins. Mais les extrémistes ont déclaré que 35 étrangers avaient été tués dans le raid.

Il n'est pas possible pour l'instant de vérifier ces bilans contradictoires de façon indépendante. Le complexe d'In Amenas se trouve dans le désert du Sahara, à 1300 kilomètres d'Alger.

Le nombre élevé de victimes alléguées a choqué les gouvernements étrangers, poussant plusieurs d'entre eux à condamner l'opération des forces algériennes. La prise d'otages a incité plusieurs entreprises étrangères présentes en Algérie à évacuer leurs employés.

Le gouvernement algérien a affirmé avoir été forcé d'intervenir à cause de l'obstination des extrémistes et de leur volonté de s'enfuir avec les otages.

«Un nombre important d'otages a été libéré et un nombre important de terroristes a été éliminé, et nous regrettons les quelques morts et blessés», a déclaré le ministre algérien des Communications, Mohand Saïd Oubelaïd, aux médias nationaux.

Le ministre a affirmé que les terroristes étaient «multinationaux» et qu'ils provenaient de différents pays dans le but de «déstabiliser l'Algérie, de l'impliquer dans le conflit au Mali et d'endommager les infrastructures de gaz naturel».

Les ravisseurs appartiennent au groupe Katibat Moulathamine («La Brigade masquée»), qui serait lié aux jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Ils ont téléphoné jeudi à une agence de presse mauritanienne pour annoncer que des hélicoptères algériens avaient ouvert le feu alors qu'ils tentaient de quitter le complexe avec leurs otages. Selon eux, 35 otages et 15 militants ont été tués, et seulement sept otages ont survécu.

Les assaillants ont aussi réclamé que la France cesse son intervention militaire au Mali. La veille, ils avaient annoncé à la même agence mauritanienne qu'ils détenaient 41 étrangers, dont sept Américains.

L'agence de presse officielle algérienne a affirmé jeudi que 600 employés algériens avaient été libérés dans le raid, et que la moitié des étrangers avaient été secourus. Mais la libération des employés algériens avait déjà été annoncée la veille par les preneurs d'otages.

À Washington, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré que l'administration Obama était inquiète de la situation et qu'elle avait demandé des précisions au gouvernement algérien.

Un porte-parole du premier ministre britannique a déclaré que le Royaume-Uni n'avait pas été informé à l'avance de l'assaut. La situation est «très grave et sérieuse», a-t-il dit.

Le président français, François Hollande, a parlé d'une situation «dramatique» impliquant des dizaines d'otages.

Le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, a déclaré qu'il ne voulait pas critiquer l'opération, mais que le gouvernement norvégien aurait souhaité en avoir été informé à l'avance. Il a indiqué que l'Algérie avait refusé une aide médicale, mais que la Norvège allait quand même envoyer un avion et du personnel médical sur place. Plusieurs Norvégiens travaillaient dans le complexe d'In Amenas.

Un drone de surveillance américain non armé a survolé le complexe alors que les forces algériennes s'en approchaient, ont indiqué des responsables américains sous le couvert de l'anonymat. Les États-Unis ont offert une assistance militaire à l'Algérie pour libérer les otages, mais le gouvernement algérien a refusé, d'après ces responsables.

Les autorités algériennes avaient déclaré mercredi qu'elles ne négocieraient pas avec les assaillants, qui tentaient apparemment d'obtenir un droit de passage pour partir avec les otages.

Des experts de la sécurité ont souligné que la façon dont la prise d'otages s'est terminée était conforme avec l'approche sans compromis des autorités algériennes face au terrorisme.

«Je ne serais pas surpris que le nombre de victimes soit aussi élevé que ce que prétendent les militants. C'est un fait bien connu que les Algériens n'ont jamais eu de problème à provoquer un bain de sang pour répondre à des attaques terroristes», a déclaré Riccardo Fabiani, analyste pour l'Afrique du Nord auprès du groupe de recherche Eurasia.

M. Fabiani pense que contrairement à ce qu'elles affirment, les autorités algériennes n'ont pas tenté de négocier avec les assaillants. «Je me demande comment on peut vraiment établir une forme de négociation avec des terroristes en 24 heures. Je ne crois pas qu'elles aient vraiment essayé.»

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