Hypothèques - Baisse des taux

Toutes les grandes banques du Canada ont baissé leurs taux hypothécaires dans les deux derniers jours.

Par exemple, le taux pour une hypothèque de cinq ans fermé atteint 5,59 % pour les six grandes banques. La baisse se répartit comme suit:

  • CIBC: 0,25 %;
  • Banque Scotia; 0,25 %;
  • Banque TD: 0,04 %;
  • Banque Royale du Canada: 0,15 %;
  • Banque de Montréal: 0,19 %;
  • Banque Nationale: 0,25 %.

À la Banque Laurentienne, le taux pour l'hypothèque de cinq ans fermé atteint 5,60 % pour une baisse de 0,25 %.

Plusieurs consommateurs réussissent à obtenir, dans les faits, un taux en deçà de celui affiché dans les institutions financières.

Baisse du marché obligataire

Carlos Leitao, économiste en chef chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne, explique cette baisse des taux hypothécaires par deux raisons: une hausse du marché obligataire et une vive concurrence entre les banques sur le marché hypothécaire.

Il explique que les banques se financent sur le marché obligataire, surtout pour les hypothèques à taux fixe. Les investisseurs deviennent plus craintifs au risque, notamment à cause d'une reprise plus fragile que prévu aux États-Unis, et préfèrent investir dans les obligations. Cela fait baisser les taux de ce genre de produit, ce qui se reflète sur les taux hypothécaires, explique-t-il. (Écouter l'interview)

Marc Pinsonneault, économiste principale à la Banque Nationale groupe financier, partage ce constat sur la baisse du marché obligataire.

« De loin, la principale raison [de la baisse des taux hypothécaires] est le coût de financement des banques », précise-t-il. Et d'ajouter: « la vigueur du marché immobilier n'est pas ce qui influence le plus » les taux hypothécaires.

Les taux hypothécaires devraient remonter

Côté prospectif, les deux économistes s'attendent à une hausse des taux hypothécaires dans les prochains mois. « Je pense que la Banque du Canada va être amenée à augmenter son taux directeur avant la date qu'elle s'est fixée », déclare M. Pinsonneault qui cite une reprise économique attendue.

Il note du même souffle que le prix des maisons est à la hausse et que le marché de la revente « fonctionne très bien », alors que le marché de l'emploi reste atone.

De quoi l'inquiéter: « Imaginez quand les embauches vont reprendre. Il ne faudrait pas créer une autre bulle. Le marché résidentiel pourrait se remettre à s'emballer et les gens se remettre à acheter des maisons à des fins spéculatives ».

Il estime donc qu'une éventuelle hausse des taux directeurs par la Banque du Canada « ne serait pas une mauvaise nouvelle », car elle permettrait de juguler l'économie.