Mis à jour le: 30 janvier 2013 07:55 | par Lia Lévesque, La Presse Canadienne, thecanadianpress.com

Sollicitation politique moindre depuis 2009

MONTRÉAL - Le président de Génius conseil, Michel Lalonde, a indiqué à la Commission Charbonneau mercredi que depuis 2009, non seulement la collusion entre firmes de génie conseil avait cessé et les prix avaient baissé, mais la sollicitation intensive pour du financement politique a aussi cessé.


Sollicitation politique moindre depuis 2009

Michel Lalonde. Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL - Le président de Génius conseil, Michel Lalonde, a indiqué à la Commission Charbonneau mercredi que depuis 2009, non seulement la collusion entre firmes de génie conseil avait cessé et les prix avaient baissé, mais la sollicitation intensive pour du financement politique a aussi cessé.

M. Lalonde avait déjà témoigné du fait qu'avec l'escouade Marteau et les rumeurs qui circulaient, tous les acteurs du système de collusion se sentaient mal à l'aise et avaient senti le besoin de refréner leurs ardeurs.

En réponse au commissaire Renaud Lachance, M. Lalonde a admis que depuis 2009, il était aussi «beaucoup moins sollicité» par des partis politiques pour du financement, à titre de président d'une firme de génie conseil. Il a dit avoir reçu «les lettres habituelles», mais «pas d'appels et de sollicitation plus intensive».

Et l'ingénieur a admis qu'«avec tout ce qu'on a vécu ces derniers temps et avec tout ce que je vis actuellement, c'est sûr que je ne serai pas un très grand contributeur pour les prochaines élections».

À noter qu'il a déjà témoigné du fait que lui, des membres de sa famille ainsi que les cadres et associés de sa firme ont versé plus de 200 000 $, au fil des ans, au Parti libéral, au Parti québécois et à l'Action démocratique, sans compter les milliers de dollars en dons aux candidats et partis municipaux dans plusieurs villes. Et sa firme n'est que de taille moyenne, avec 75 employés.

Quand le commissaire Lachance lui a demandé s'il croyait que l'abaissement du montant maximal des dons aux partis politiques réglerait le problème ou s'il ne ferait que compliquer la vie à ceux qui devraient trouver davantage de gens pour signer des chèques pour totaliser le même montant, il a laissé entendre que cela ne suffirait pas.

«Il va falloir que ce soit regardé d'une façon différente, pas juste une question de 3000 $, 100 $ ou 1000 $. Il va falloir que ce soit une approche complètement différente si on veut changer les choses. Ce n'est pas une question de montant, c'est une question de façon de faire, de façon d'organiser et de permettre aux municipalités ou aux organisations de faire de la politique», a-t-il opiné.

L'avocat de la Ville de Montréal, Me Martin St-Jean, a fini par lui faire dire que «oui», il avait été «complice d'un vol de deniers publics», en agissant comme il l'avait fait, c'est-à-dire autoriser des «extras» gonflés aux entrepreneurs en construction, qui lui reversaient 25 pour cent, afin qu'il puisse à son tour financer des partis politiques.

Il lui a aussi dit que le stratagème de corruption et de collusion entre firmes, «ça a commencé par le financement politique», et non l'inverse. C'est pour parvenir à faire les contributions politiques demandées que les firmes ont dû s'entendre entre elles et faire gonfler les prix, a-t-il déjà expliqué.

Plus tôt dans la journée, Me Simon Bégin, l'avocat de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux, avait cherché à lui faire dire — en vain — que ce sont les ingénieurs qui sollicitaient les entrepreneurs, dans le cadre des stratagèmes qui avaient cours dans la construction, et non l'inverse.

Mais M. Lalonde a corrigé son affirmation, assurant que toutes les parties étaient parfaitement conscientes de ce qu'elles faisaient et que c'était même «convivial» entre elles.

Solutions proposées

Par ailleurs, invité par la juge France Charbonneau à formuler des suggestions pour que les autorités publiques se prémunissent mieux contre la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction, M. Lalonde a proposé d'employer plus d'ingénieurs à l'interne pour pouvoir «challenger» les ingénieurs du privé, leur poser des questions, les obliger à justifier leurs réclamations.

Il a souligné que c'est déjà le cas dans certains départements de la Ville de Montréal, qui sont plus exigeants que d'autres.

En après-midi, la commission est passée en mode non-publication, puisqu'elle doit protéger la preuve susceptible d'être entendue dans les procès à venir.

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