Jean-François Blanchette

Jean-François Blanchette

Commençons par expliquer les prémisses de départ. Lorsqu'ils préparent des simulations de retraite, la plupart des planificateurs financiers prennent comme hypothèse de base, le fait que lors de la retraite, une personne pourrait vivre avec un revenu représentant 70 % de son revenu brut actuel. Ce pourcentage est cependant arbitraire et il est possible de l'ajuster selon le type de retraite désiré ou encore les moyens d'épargne disponibles.

Parmi les autres variables à prendre en compte, considérons l'âge désiré de la retraite, ainsi que l'espérance de vie. Selon les données actuellement disponibles au Québec, l'espérance de vie moyenne (hommes et femmes combinés) serait d'un peu plus de 80 ans. Donc, pour quelqu'un qui prévoit se retirer du marché du travail à l'âge de 65 ans, il faudrait prévoir des revenus suffisants afin de couvrir une période d'environ 15 ans. La difficulté de cette étape est bien évidemment de prévoir efficacement ces données. Or, s'il est plutôt facile de décréter l'âge de la retraite, l'âge du décès est plus difficile à déterminer à l'avance.

Finalement, selon le type d'investissement désiré en fonction du degré de risque que le futur retraité est en mesure d'estimer, il faut établir un taux de rendement. Un taux moyen de 6% peut être assez représentatif d'une situation classique. L'idée est de trouver un taux capable de refléter les bonnes années comme les années négatives ainsi que le fait qu'en temps normal, la composition d'un portefeuille changera au fil des années. Ainsi, le portefeuille type d'un investisseur de 25 ans comportera probablement plus d'actions que celui d'un investisseur de 63 ans qui approche du moment de la retraite.

Le dernier élément à prendre en compte est le taux d'inflation généralement fixé à 2 %. Compte tenu du fait qu'au cours des dernières années, la Banque du Canada est parvenue à atteindre cet objectif de façon assez efficace, ce taux peut facilement être considéré comme fiable. Finalement, le taux d'imposition n'est habituellement pas un facteur à considérer puisque les retraites sont la plupart du temps planifiées à l'aide de régimes défiscalisés comme les REER ou les régimes de pensions, ce qui fait en sorte que les revenus peuvent être générés à l'abri de l'impôt, augmentant d'autant le rendement réel.

Une fois fait le tour des différentes variables et critères à prendre en compte, essayons de faire une simulation afin de connaître le montant que M. X devrait économiser tous les mois s'il veut vivre une retraite « décente ». M. X. est âgé de 25 ans, il gagne actuellement 40 000$ et aimerait pouvoir compter sur 70 % de ce revenu au cours de sa retraite, retraite qu'il prévoit commencer à 65 ans. Le taux de rendement sur lequel il pense pouvoir compter durant ses années d'épargne est de 6 %. Finalement, afin de se protéger, M. X désire que ses revenus de retraite couvrent ses besoins jusqu'à l'âge de 90 ans.

Afin de réaliser ces simulations, de nombreux outils sont offerts gratuitement sur internet. Le premier est celui de la Régie des rentes du Québec.

Selon ce simulateur, afin de pouvoir compter sur 28 000 $ annuellement durant sa retraite, M. X devra économiser une somme d'environ 220 $ par mois. Ces économies lui permettront d'avoir des revenus de placement de 13 200 $ par année alors que le reste de ses besoins devraient être couverts par les rentes du gouvernement du Québec ainsi que la pension pour la sécurité de la vieillesse du gouvernement canadien.

Une fois cette simulation de départ réalisée, il est possible d'ajuster ces données en changeant certaines variables. Par exemple, si M. X désire augmenter ses revenus à la retraite, il aura le choix d'augmenter ses cotisations périodiques ou encore de retarder de quelques années l'âge de la retraite.

Ceci étant dit, moins une personne est à l'aise avec les finances personnelles, plus celle-ci devrait faire appel à un spécialiste d'un cabinet privé ou encore directement auprès de son institution financière. Cette démarche supplémentaire permet d'avoir des données plus précises, collées à la réalité particulière de chaque personne.

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Les renseignements fournis dans cette chronique se veulent un guide général pour en apprendre davantage sur les différentes dispositions des lois fiscales ainsi que certaines stratégies et opportunités pour ce qui est des finances personnelles. Il n'est donc pas fait mention des petites formalités qui peuvent être très spécifiques à des cas en particulier. Il est toujours recommandé de faire appel à un comptable, un fiscaliste ou tout autre conseiller compétent afin d'obtenir des renseignements plus précis concernant votre situation.

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