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Isabelle Robitaille et Jean-Guy Nadon sont en couple depuis huit ans. Ils vivent en banlieue de Québec et ont trois enfants âgés entre 4 et 7 ans. Isabelle affirme que l'envie de vivre de façon plus responsable est apparue à la naissance de son aîné. « C'est la famille qui m'a amenée à me questionner à propos de ce que j'avais à faire pour être un meilleur parent », explique-t-elle.
En naviguant sur Internet, elle a découvert le Groupe de simplicité volontaire de Québec et a pris part à un atelier d'introduction qui l'a grandement intéressée. Toutefois, le changement ne s'est pas fait du jour au lendemain. « Ça fait son petit bout de chemin. Ça ne se fait pas drastiquement, loin de là », ajoute-t-elle, précisant que le fait d'avoir des enfants n'a pas freiné son intérêt pour la simplicité volontaire et son application concrète au quotidien.
La simplicité, au quotidien
La mère de famille explique avoir rapidement modifié l'alimentation de la maisonnée. « La simplicité volontaire évolue dans le temps. Tout n'est pas parfait. On doit doser pour trouver l'équilibre », précise celle qui a carrément aboli la viande avant d'opter pour une alimentation combinant les repas de viande et les repas végétariens. Elle explique avoir fait l'acquisition d'un bout de terrain afin de cultiver un potager. « Ça permet de montrer aux enfants d'où vient ce qu'on mange, mais aussi que tout ne s'achète pas simplement à l'épicerie », ajoute-t-elle.
L'emploi de couches lavables a aussi été pour la famille un choix aussi économique qu'écologique. Madame Robitaille confie toutefois avoir toujours eu sous la main quelques couches jetables, pour dépanner.
Leurs enfants ont accès à une bonne variété de jouets à la maison. Ceux-ci proviennent souvent de la Joujouthèque, un organisme qui en fait le prêt. « Ils savent qu'on les a pour 3 ou 6 semaines. Ils vivent dans l'excitation d'aller en chercher d'autres », affirme Isabelle. Pour acheter des livres ou des jouets usagés, elle se tourne vers la Ressourcerie, une entreprise d'économie sociale de récupération, réutilisation et revente de surplus domestique.
Pour l'habillement, elle confie ne jamais avoir à acheter de vêtements neufs, utilisant plutôt les dons d'une amie aussi mère de famille. N'aimant pas le magasinage, elle avoue apprécier cette façon de faire qui lui permet aussi de belles économies d'argent, mais aussi de temps.
Quant aux cadeaux des enfants lors des différentes fêtes, ils sont limités à un. À cela s'ajoutent plusieurs autres présents. « Ils en reçoivent partout », ajoute-t-elle. Par ailleurs, la famille affectionne les cartes et les cadeaux faits à la main afin d'offrir à l'entourage.
La réaction des enfants
Les trois enfants, élevés dans la simplicité volontaire depuis leur naissance, n'ont jamais posé de questions sur le mode de vie choisi par leurs parents. « Je n'ai jamais dit les mots simplicité volontaire avec les enfants. On va parler des actions, pas du mode de vie en général » explique-t-elle. Selon elle, si son aîné convoite certaines choses que ses amis peuvent posséder, il ne le fait pas plus souvent que les autres enfants de son âge et comprend bien qu'il ne peut tout obtenir.
Et le travail dans tout ça?
Par choix, Isabelle, travailleuse sociale en milieu hospitalier, travaille depuis plusieurs années à temps partiel le soir. Jean-Guy, lui, a décidé de travailler de la maison comme courtier à la bourse. « Je voulais faire en sorte que les enfants soient loin du rythme effréné de la vie quotidienne. Je tenais vraiment à être le plus possible à l'écart de ça », affirme-t-elle. Elle ajoute que le fait qu'aucun réveille-matin ne sonne en début de journée et que la famille puisse vivre à son rythme compense la baisse de salaire occasionnée par leurs choix.
La simplicité volontaire pour tous
« Si on a des enfants, il faut leur faire comprendre le pourquoi du changement qu'on amène et leur faire prendre conscience des impacts », conseille Isabelle Robitaille. Elle suggère de commencer en choisissant un aspect de notre consommation quotidienne qu'on souhaite modifier et d'approfondir la question en se renseignant à ce sujet. Que ce soit le transport, l'alimentation, les jouets, les cadeaux, les vêtements, les produits de beauté, tout peut y passer. Cette dernière ajoute l'importance d'y aller petit à petit lorsqu'on désire essayer de vivre plus simplement. « Il faut faire ça graduellement, sinon ça bouleverse tout le monde », conclut-elle.
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