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Les infiltrations d'eau

L'infiltration d'eau figure parmi les problèmes les plus inquiétants, parce qu'elle peut faire pourrir la structure et offre le terreau propice à la prolifération de champignons, source de problèmes de santé. Parlez-en à un couple de la Rive-Sud de Montréal qui a fait preuve d'une persévérance hors du commun pour que cessent les infiltrations d'eau au sous-sol et la condensation dans le système de ventilation.

Entre 2004 et 2007, le couple a fait parvenir 15 lettres à son entrepreneur, sans compter les cinq lettres de l'administrateur du plan de garantie, l'enjoignant d'effectuer les réparations. L'entrepreneur plaidait entre autres que la construction d'une pièce au sous-sol et la pose d'une étagère nuisaient à la circulation de l'air, arguments que l'arbitre a vite rejetés.

Mais avoir raison n'est pas toujours suffisant. Dans une autre cause, les consommateurs ont bien envoyé leurs griefs à l'entrepreneur, mais ont oublié de les faire parvenir à l'administrateur du plan. Ce dernier n'ayant pu intervenir dans les délais, l'arbitre rejette «à regret» la demande des proprios.

Et si l'entrepreneur passe effectuer les travaux exigés et que le problème persiste? L'entrepreneur a tout simplement une obligation de résultat. Et il ne peut pas faire n'importe quelle réparation, comme boucher les chantepleures pour que cesse l'infiltration! C'est la gaffe qu'aurait commise un entrepreneur, selon un arbitre.

Les chantepleures sont ces fentes qu'on retrouve ici et là entre deux briques à la jonction de la fondation et qui ont justement pour fonction de faire sortir la condensation du mur de briques. En les remplissant de silicone, l'entrepreneur a créé une nouvelle source d'infiltration en espérant en régler une.

La toiture

Murs de glace, bardeaux qui s'envolent, structure mal construite: les toitures de maisons neuves génèrent leur lot de problèmes. Et parfois, c'est contre l'administrateur du plan de garantie qu'il faut se battre.

Comme dans ce cas où des vents endommagent sérieusement le toit d'un couple de propriétaires. De 2003 à 2006, certains incidents étaient survenus à la toiture, et l'entrepreneur était toujours venu effectuer les menues réparations. Cette fois-ci, il refuse, disant que c'est à l'assureur de payer ce type de dommage. Cependant, constatant que le vent soufflait à seulement 78 km/h ce jour-là, l'assureur s'en lave aussi les mains.

De son côté, l'administrateur de la garantie prétend que la plainte lui est parvenue trois ans après le premier incident, ce qui est loin du délai maximal pour dénoncer un problème. Mais voilà, un expert en toiture conclut que «le revêtement n'a pas été cloué aux endroits exigés par le manufacturier».

L'arbitre conclut qu'il faut séparer les problèmes mineurs survenus entre 2003 et 2006 et les dommages du 16 février. Il estime que la date du premier événement est 2006, non 2003, et demande à l'administrateur de se prononcer non pas sur les délais, mais sur le fond du problème.

Le toit qui ondule

Dans un autre cas, un client remarque des ondulations à son toit, en avise son entrepreneur en mars 2006, puis contacte l'administrateur du plan en août 2006 quand la situation se détériore. L'experte de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ qui a analysé le toit assure que la demande lui a été transmise trop tard et la rejette.

Dans son jugement, l'arbitre n'y va pas avec le dos de la cuillère: «Ces vices majeurs étaient des vices cachés en-dessous du toit. [...] Alors comment peut-on reprocher au bénéficiaire une dénonciation tardive puisque l'experte de l'administrateur n'a même pas vu cela lors de son inspection?»

Le plancher

Le fameux plancher de merisier dont on rêvait tant pour le salon n'est pas comme dans la brochure promotionnelle. Le bois étant par nature un matériau imparfait, la question est légitime: est-ce un caprice ou a-t-on vraiment droit à mieux?

Ce qu'on sait, c'est que les clients qui ont invoqué un plancher endommagé devant un arbitre ont le plus souvent perdu leur cause. Dans un cas, l'arbitre souligne que la dénivellation la plus élevée entre deux lattes de bois était de 1/64 po, soit moins de 1 mm. «Le coup d'œil général n'est pas inesthétique», constate l'arbitre.

Mais dans la maison du couple de Montréal, on a affaire à des nœuds qui se disjoignent. Ces Montréalais ont beau avoir acheté un plancher de grade 2, il y a rustique et rustique! L'administrateur demande à l'entrepreneur de remplacer certaines planches et de combler avec un bouche-pores les autres nœuds qui dépassent de la latte; les clients, eux, exigent le remplacement pur et simple du plancher.

L'arbitre coupe la poire en deux. Il demande qu'on remplace les planches nécessitant un bouche-pores, du moins celles qui ont des nœuds de plus de 10 mm2, mais il ne voit pas l'intérêt de remplacer tout le plancher. Il exige aussi que le plancher des deux étages soit entièrement poncé et verni.

Les fissures

Les fissures dans les murs de fondation et sur la dalle de béton sont très fréquentes. Le plus souvent, les arbitres considèrent ces problèmes comme normaux. Il faut savoir que, lorsqu'on coule une fondation, une certaine quantité d'eau s'évapore au fil des semaines. C'est ce retrait qui crée la plupart des fissures.

Or, le contrat de garantie est clair: «les réparations rendues nécessaires par un comportement normal des matériaux tels les fissures et les rétrécissements» sont exclues. Et qu'est-ce qu'un comportement normal? Des fissures qui «ne dépassent pas trois millimètres et qui ne permettent pas à l'eau de pénétrer à l'intérieur (ou de créer un soulèvement par le gel)», tranche l'arbitre.

Dans le doute, mieux vaut engager un inspecteur qualifié pour évaluer la situation. S'il la trouve anormale et qu'un arbitre lui donne raison, les frais d'expertise peuvent être remboursés.

Les joints entre les briques

Le mortier qui sèche réserve lui aussi des surprises, surtout si une teinture y a été ajoutée. Il faut préparer le mortier un lot à la fois à mesure qu'on édifie un mur. Et les proportions du mélange peuvent ne pas toujours être identiques; c'est pourquoi la teinte peut différer.

Mais pour que le problème impose une correction, il faut que la différence de couleur ou d'épaisseur des joints soit visible en se plaçant à six mètres du mur de briques, ont écrit plusieurs arbitres.

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