Sans emploi(iStock)

Perdre son emploi tombe souvent comme une brique, dans des moments où l'on s'y attend rarement. De fait, le compte en banque est d'ailleurs peu équipé pour ce genre d'évènement inattendu. « Les gens n'ont presque jamais un coussin financier pour palier à une perte d'emploi, qui est difficilement prévisible », explique Karine Robillard, avocate et conseillère budgétaire chez Option Consommateurs.

Les pièges

Mme Robillard explique que souvent, on sous-estime la période que l'on passera sans emploi. « Comme on pense que ça ne durera pas longtemps, au lieu de revoir sa grille budgétaire et de réajuster son mode de vie, on compense le manque de revenus de l'emploi qu'on a perdu par du crédit, ce qui n'est pas une bonne idée, si retrouver du travail prend plus de temps, et que l'on devient incapable de rembourser le crédit », dit l'avocate et conseillère.

Si c'est possible, accumuler un « fond d'urgence » est une bonne option pour ne pas se retrouver le bec à l'eau lorsqu'un imprévu de taille arrive, comme perdre son emploi. Si les revenus le permettent, Mme Robillard conseille de mettre de côté l'équivalent de trois mois de salaire, pour pouvoir subsister en cas de période financière creuse. « Il faut tenter de revenir à des habitudes d'épargne », soutient l'avocate.

Également, une demande à l'assurance emploi est importante à faire, dès l'annonce d'une perte d'emploi. Selon Mme Robillard, plusieurs personnes qui se retrouvent sans emploi ne pensent pas à faire une demande auprès de l'instance gouvernementale, soit parce qu'elles pensent se retrouver du travail rapidement, ou qu'elles n'y ont pas droit. Il s'agit pourtant d'une aide importante, qui permet de survivre, le temps de faire des démarches.

Du côté des finances personnelles, il est primordial, d'après Mme Robillard, de revoir sa façon se dépenser. Il faut refaire sa grille de dépenses, en priorisant les dépenses fixes, c'est-à-dire le loyer, les comptes, l'épicerie (des paiements automatisés peuvent aider à s'assurer de payer les dépenses essentielles). Il faut par la suite réajuster ses dépenses variables, comme l'habillement, les loisirs, etc. Les dépenses variables sont plus difficiles à évaluer, mais plus facilement malléables en fonction des revenus. Il faut donc prendre un soin particulier à les élaborer en fonction de ses moyens.

À ce sujet, il existe d'ailleurs le « jar system » (système de bocaux), un principe selon lequel on instaure des « postes de dépenses », mis en place à la semaine, mais qui peut être étendu jusqu'à un mois. Il s'agit de prendre son argent (excluant le crédit), et de le distribuer en comptes distincts ; l'épicerie, le transport, les vêtements et cadeaux, les loisirs, et « autres ». Cette technique permet de mieux gérer ses finances, soit en cas de redressement financier ou de crise.

D'autres options

Plusieurs alternatives monétaires existent pour se sortir d'une impasse temporaire. Outre diminuer ses dépenses, il également possible, si l'on possède un bon crédit, de se déclarer en faillite personnelle. Il peut aussi être aidant de contacter ses services de crédits et autres pour évaluer où il est possible de couper, ou de payer moins cher, de façon temporaire. Par exemple, de diminuer le montant mensuel du remboursement d'un prêt étudiant, ou encore de procéder à une consolidation de dettes, le temps de se remettre sur pied financièrement. Payer un taux d'intérêt moins élevé sur sa carte de crédit peut aussi être une option, dépendant des banques et des services disponibles. Par contre, plusieurs banques demandent de fortes cautions en cas de recours à ces différentes options, il faut donc s'assurer d'être en mesure de payer ses dettes.

Il faut toutefois prioritairement se réadapter financièrement à cette période sans revenus. « Les gens sous-estiment trop souvent le laps de temps avant de se retrouver du travail, et c'est dans ce temps-là que les dettes s'accumulent et que c'est dangereux de ne pas être capable de les payer », affirme Mme Robillard.

Pour se remettre rapidement en selle, une panoplie de services, financiers et d'employabilité, existe. Voici quelques adresses :

  • Option Consommateurs, qui possède entre autres des conseillers budgétaires et plusieurs autres services utiles en situation de perte d'emploi ou de période financière creuse.
  • ACEF, (Association coopérative d'économie familiale), disponible pour répondre à toutes les questions financières concernant des situations précaires.
  • Emploi-Québec , utile pour la recherche d'emplois.
  • L'assurance-emploi, pour être prestataire d'aide financière en cas de perte d'emploi.