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1. Gardez votre sang-froid

Vous avez fait le tour de plusieurs maisons, et ça y est : vous avez le coup de foudre pour la neuvième sur votre liste. Les heures suivant la première visite de cette résidence passent et vous vous mettez à idéaliser votre éventuel achat ; vous vous en voyez même déjà propriétaire !

«C'est à ce moment que les gens se pressent et prennent des raccourcis», dit Albanie Morin, coordonnatrice à l'Association des consommateurs pour la qualité dans la construction. Et ils s'en mordent parfois les doigts pendant longtemps.

2. Faites faire une inspection !

Demander que l'offre d'achat soit conditionnelle à une inspection satisfaisante vous apparaît comme une évidence ? Dans la région montréalaise, environ la moitié des ventes de maisons se font sans inspection, assure Albert Arduini, président de l'Association des inspecteurs en bâtiments du Québec (AIBQ).

«Parfois le client se considère comme assez bon pour inspecter lui-même une résidence, parfois il la visite accompagné d'un ami qui dit s'y connaître, un entrepreneur par exemple.» Mais l'acheteur n'aura que lui-même à blâmer pour les conséquences d'un vice apparent non détecté.

Pour un achat de 200 000 $, dépenser 500 $ pour obtenir un bon aperçu de votre investissement n'est pas une protection futile, soutient M. Arduini.

3. Ne demandez pas à l'agent s'il connaît un inspecteur

Malheureusement, plusieurs futurs acheteurs commettent encore cette erreur. «Le but premier d'un agent immobilier, c'est de vendre. Il peut alors être tenté de vous choisir un inspecteur complaisant», rappelle Albanie Morin. Pour ne pas être pris de court, la meilleure chose à faire est de dénicher un inspecteur en bâtiment avant de commencer à visiter des maisons.

4. Dénichez le bon inspecteur

Concentrez vos énergies sur deux éléments.

Son assurance:

LA question à poser : détient-il une assurance responsabilité pour les erreurs et les omissions ? «Moi, personne ne me demande ça », déplore l'ingénieur et inspecteur préachat René Vincent.

Grâce à cette assurance, si le toit vous tombe sur la tête et que les signes de pourriture étaient évidents, mais que l'inspecteur ne vous en a rien dit, vous serez dédommagé. De plus, en limitant vos recherches à ceux qui détiennent cette assurance, vous diminuez le risque de tomber sur une pomme pourrie : les inspecteurs accusés à répétition de négligence n'arrivent souvent plus à se faire assurer.

Si l'inspecteur est ingénieur, architecte, évaluateur agréé ou technologue professionnel, vous n'avez qu'à contacter son ordre professionnel pour vous assurer qu'il détient la bonne assurance. Pour les autres, il est conseillé de demander à l'inspecteur une copie de son contrat d'assurance, puis de contacter l'assureur pour obtenir la confirmation.

Des vérifications arides, soit, mais qui pourraient vous épargner des années de soucis en cas de pépin.

Son rapport:

Un inspecteur qui recommande constamment dans son rapport d'engager un expert pour confirmer ses doutes ne vous sera pas très utile. Demandez-lui des références de clients et des copies de rapports pour vous faire une meilleure idée de son travail.

Demandez-lui aussi s'il intègre la Déclaration du vendeur dans le rapport qu'il vous remet. Proposé par l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec, ce document passe en revue les principaux éléments de la maison, pour lesquels le propriétaire souligne s'il est au courant de problèmes et inscrit les réparations et rénovations effectuées.

Un bon inspecteur va lire ce document et intégrer les informations à ses observations. Ainsi, le rapport gagne en précision, et l'acheteur sait plus ce qu'il va acquérir. Si l'inspecteur fait ce travail d'intégration, il gagne des points !

5. Sachez ce que l'inspecteur ne vérifie pas

Il n'y a pas de norme unique à l'égard des inspections préachat. Toutefois, les règles de base d'une bonne inspection sont consignées dans deux documents relativement similaires, un publié par l'AIBQ, l'autre par InspectionPréachat.org.

En général, l'inspecteur se concentre sur ce qui est visible. Par exemple, il doit regarder s'il y a des signes d'infiltration d'eau, mais il n'a pas à donner son avis sur l'état du drain français, qui est enfoui. Il doit examiner le toit, mais il n'a pas à dégager la neige qui l'encombre.

S'il ne peut pas évaluer correctement un élément, comme le toit dans l'exemple précédent, il doit le mentionner dans son rapport et dire pourquoi.

Restent les zones grises. L'inspecteur n'a pas à déplacer d'objets ou de meubles, mais il y a des limites, a souligné la juge Suzanne Handman à un inspecteur qui n'avait pas vu le plancher de bois noirci par une infiltration d'eau.

«Rien n'empêche un inspecteur de soulever un tapis ou de regarder en dessous des meubles. Dans la mesure du possible, il peut également demander au vendeur de déplacer des boîtes ou autres objets», a sermonné la juge.

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