Acheter une maison en reprise de finances(iStock)

La récession économique a amplifié le nombre de ménages endettés dont les résidences sont saisies par leurs créanciers, le plus souvent des banques. Ces maisons saisies, appelées aussi reprises de finance, sont alors revendues sur le marché immobilier, afin que les créanciers retrouvent l'argent prêté aux ménages.

En trois ans, le nombre de maisons saisies a plus que doublé au Québec. Quelque 3127 maisons ont été délaissées par leurs propriétaires en 2009, contre seulement 1499 délaissements en 2006, selon les chiffres publiés par GDL Crédit Ressource Québec, une firme spécialisée dans la publication d'informations immobilières auprès d'organismes institutionnels. « On verra encore des hausses marquées dans les prochains mois », affirme Daniel Langlois, le président de GDL. Les premiers mois de l'année 2010 confirment cette tendance, note-t-il.

Face à cette profusion de saisies, l'acheteur immobilier peut s'attendre à réaliser une bonne affaire. En effet, les créanciers ont longtemps été réputés pour vendre les logements à un prix inférieur au marché, pourvu qu'ils rentrent dans leurs frais. Du point de vue de l'acheteur, une reprise de finance peut être la seule façon d'acquérir une résidence à prix abordable dans certaines municipalités.

Plus difficile sur un marché de vendeurs

Mais, les opportunités sont paradoxalement plus difficiles à trouver. Davantage de maisons saisies ne signifie pas davantage de bonnes affaires. En effet, le marché immobilier se porte très bien au Québec... pour les vendeurs ! Dans des villes telles que Rouyn-Noranda ou Montréal, les prix ne cessent de grimper. Bon nombre d'acheteurs sont prêts à payer plus cher que le prix affiché !

Dans ces conditions, les banques et les autres créanciers profitent de la force du marché immobilier québécois pour vendre ces saisies sans rabais. « Pour une maison de 250 000 $, il y a dix acheteurs », observe Daniel Langlois. « Le banquier ne lâchera pas sur le prix, sauf si la maison est mal entretenue ou si elle présente des défauts. »

Inspecter avec soin

Aujourd'hui, c'est à Laval et dans les Laurentides que les délaissements sont les plus nombreux, avec 697 résidences concernées en 2009. Adressez-vous à votre institution financière, un syndic de faillite ou un huissier. Les annonces immobilières peuvent mentionner la reprise de finance.

Avant tout, vous devez limiter les risques qui accompagnent l'acquisition d'une maison saisie. En effet, une résidence en reprise de finance n'est pas vendue avec une garantie légale. Si vous découvrez des défauts après avoir signé l'achat, il est trop tard : vous ne pouvez pas vous retourner contre le vendeur.

Une inspection rigoureuse s'impose. Demandez à un inspecteur qualifié de réaliser une évaluation complète de la résidence convoitée. Si vous devez revoir les fondations ou refaire le toit, une bonne affaire se révèlera être un gouffre financier.

Demandez la raison de la reprise de finance. Quand c'est l'entrepreneur en construction qui a fait faillite, vérifiez que les travaux sont achevés, ou faites évaluer le coût de finition. Si c'est le propriétaire de la résidence qui a ployé sous son endettement, veillez qu'il n'ait pas négligé l'entretien durant les derniers mois, faute de ressources financières. Faites alors évaluer le coût des rénovations nécessaires.

Le créancier peut lui-même avoir négligé l'entretien, entre la saisie et la revente. Informez-vous sur les reprises de finance dans le voisinage : les acheteurs ont peut-être rencontré de mauvaises surprises avec des bâtisses comparables et avec le même créancier.

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